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GOLSE, Bernard- "PSYCHOTHÉRAPIE DU BÉBÉ ET DE L’ADOLESCENT : CONVERGENCES".

PSYCHOTHÉRAPIE DU BÉBÉ ET DE L’ADOLESCENT :

CONVERGENCES[1]

Bernard GOLSE[2]

 

 

PSYCHOTHÉRAPIE DU BÉBÉ ET DE L’ADOLESCENT : CONVERGENCES

Après le rappel d’un certain nombre de données concernant la dynamique de l’adolescence, l’auteur envisage les apports actuels de la psychiatrie développementale et de la psychanalyse précoce à la compréhension renouvelée de cette dynamique. Différentes convergences sont alors relevées quant à la technique des psychothérapies individuelles de l’adolescent et des thérapies conjointes parents-bébé (dont l’historique est brièvement retracé), ainsi qu’à propos des qualités requises chez les thérapeutes (malléabilité et narrativité notamment). Il ne s’agit pas de penser l’adolescent comme un bébé vieilli, mais plutôt de préciser l’importance de la persistance, à l’adolescence, des niveaux originaires du fonctionnement psychique.

 Baby and adolescent psychotherapies : convergences

 After mentioning a certain amount of data concerning the dynamics of adolescence, the author envisages the current contributions of developmental psychiatry and very early psychoanalysis to the renewed understanding of these dynamics. Different convergences are revealed concerning the technique of individual adolescent psychotherapies and joint parent-baby psychotherapies (whose history is briefly retraced) and also concerning the qualities required by therapists doing such work (malleability and narritivity in particular). The idea is not to consider the adolescent as an old baby, but rather to specify the importance of the persistance, during adolescence, of primal levels of psychic functioning.

(résumé espagnol à saisir)

 

Le thème de ce travail est l'étude des points de convergence théorico-cliniques et techniques entre les psychothérapies du bébé et celles de l'adolescent, en raison des analogies de fonctionnement psychique qui existent entre ces deux âges particuliers de la vie.

En France, la sensibilisation à ce problème est ancienne et, à titre d'exemple, nous rappellerons seulement le livre de Pierre Male et d'Alice Doumic-Girard (1975) sur la Psychothérapie du premier âge, publication qui avait constitué un événement important à l'époque et joué un peu un rôle de pionnier en la matière. Or, A. Doumic-Girard était une extraordinaire clinicienne de bébés et de très jeunes enfants tandis que P. Male était un psychiatre-psychanalyste d'adolescents réputé et, dans cet ouvrage, c'est lui qui avait en quelque sorte théorisé la pratique clinique présentée par sa coauteur.

Peu à peu, bébés et adolescents sont devenus des pôles d'investissement (financier et réflexif) de plus en plus importants et ceci d'ailleurs, quelque peu au détriment de l'enfant d'âge scolaire, un peu comme si la période de latence faisait régulièrement figure de parent pauvre et de thème oublié de la pédopsychiatrie actuelle, ce qui est en réalité fort dommage.

Quoi qu'il en soit, la mise en perspective des modalités de fonctionnement psychique des bébés et des adolescents s'avère riche d'enseignements et notamment à la lumière des acquis les plus récents de la psychiatrie du nourrisson, en disant bien cependant qu'il ne s'agit en rien de considérer les adolescents comme de grands bébés. En effet, si l'adolescence est une période naturelle de réactivation et de reviviscence de mécanismes psychiques et de types de relations d'objet précoces, il n'en demeure pas moins qu'il nous faut sans conteste tenir compte des effets d'après-coup qui font de ces reprises fonctionnelles bien autre chose que de simples répétitions ou de simples rééditions (pour évoquer ici, indirectement, le registre transférentiel).

De ce fait, notre propos est seulement de lire les spécificités du fonctionnement psychique à l'adolescence à travers ce que nous avons appris des bébés, non pas tant à titre de comparaison formelle mais plutôt pour éclairer d'un jour nouveau, pour appréhender sous un nouvel angle certaines particularités cliniques et techniques propres aux pratiques à ces deux périodes de la vie.

ANALOGIES DE FONCTIONNEMENT PSYCHIQUE ENTRE BÉBÉS ET ADOLESCENTS

 Les analogies de fonctionnement psychique entre bébés et adolescents sont en réalité connues et soulignées depuis relativement longtemps.

 L’intensité pulsionnelle

 Il y a d'abord une intensité pulsionnelle très forte aussi bien chez les bébés qui vivent la mise en place de leur appareil psychique et la mise en route séquentielle de leurs diverses problématiques pulsionnelles (orale, anale puis phallique) que chez les adolescents qui, à l'occasion de la puberté, se voient confrontés à un mouvement de repulsionalisation parfois massif. L'oralité a ici, bien évidemment, une place élective et l'on sait son rôle central en ce qui concerne l'anorexie mentale et le champ plus général des conduites addictives.

 La prévalence du narcissisme sur l'objectalité

 La dialectique entre narcissisme et objectalité joue en fait tout au long de l'existence et il faut insister sur le fait que chaque problématique peut venir servir de défense vis-à-vis de l'autre. Chez le bébé, par exemple, c'est la problématique œdipienne (objectale) qui vient supplanter la problématique initiale de l'instauration du narcissisme primaire et l'on retrouve ce mouvement à l'adolescence quand la reprise et l'extrapolation extra-familiale de la thématique œdipienne vient mettre un terme à la crise narcissique liée aux transformations (physiques et psychiques) de la puberté.

Dans les deux cas, l'axe narcissique est d'abord prévalent puisque le bébé doit " opter pour la vie " (M. Soulé, 1980) par le biais de ses identifications primaires et puisque l'adolescent va d'abord chercher à vérifier son intégrité et son invulnérabilité narcissiques au travers de ses diverses conduites de risque (sports dangereux, toxicomanies, défi anorexique ...)La prévalence de la communication analogique

 

L'in-fans se situe par définition en deçà du langage verbal et, de ce fait, ses possibilités de communication analogique (préverbale) précèdent, et de loin, la mise en place de sa communication digitale (verbale). C'est ainsi que l'instauration de ses procédures d'attachement (premier semestre de la vie essentiellement) et de ses capacités d'accordage affectif (deuxième semestre de la vie principalement) peuvent être comprises en termes de modalités d'investissement syncrétique de l'objet et d'intentionnalité communicative primaire, l'attachement ne supposant pas encore – à la différence de l'accordage affectif – l'accès à l'intersubjectivité.

Quoi qu'il en soit, ce type de communication analogique qui existera toute la vie (en arrière-plan de la communication digitale) revient au premier plan de la scène au moment de l'adolescence et ceci explique en partie, nous y reviendrons, l'importance du style des premières rencontres thérapeutiques avec les adolescents.

 L’agressivité

 Il est habituel de distinguer au cours de l'ontogénèse psychique trois types différents d'agressivité qui s'intriquent progressivement : une agressivité pour vivre tout d'abord (la " violence fondamentale " de J. Bergeret, 1984) ; une agressivité pour vérifier la solidité et la fiabilité de l'objet ensuite (D.W. Winnicott, 1971) ; et une agressivité œdipienne enfin visant à évacuer, si ce n'est à détruire, le tiers. La première est de type autistique, la deuxième est de type duel ou binaire, la dernière est plus triangulée.

En tout état de cause, bébés et adolescents partagent une très forte agressivité du deuxième type qui a donc beaucoup plus pour but d'éprouver la résistance et la tranquillité de l'autre que de viser à le détruire, ce qui est très clair au moment des classiques conflits d'opposition du deuxième semestre de la vie ou de la crise d'adolescence.

 Clivage, projection et déni

 Nous n'y insisterons pas beaucoup car il est bien connu que ces différents mécanismes sous-tendent, à ces deux époques de la vie, de profonds mouvements identificatoires (identifications primaires, identifications projectives...). Soulignons seulement le fait que dans les deux cas, il s'y ajoute la question des projections parentales dont B. Cramer et F. Palacio-Espasa (1993) ont proposé une véritable typologie en période périnatale, mais qui sont également d'une grande importance à l'adolescence, via la question des identifications à rebours (les parents s'identifiant parfois de manière très intense et régressive à leurs propres enfants adolescents alors dépositaires de leurs espoirs, de leurs idéaux perdus et de leurs regrets narcissiques).

 La dialectique entre culpabilité et honte

 Les mouvements dépressifs de l'adolescence sont souvent assez intenses car ils cumulent les deux axes classiques des dépressions, à savoir l'axe narcissique et l'axe objectal. Les dépressions narcissiques sont centrées par le thème de la honte et les dépressions objectales par celui de la culpabilité, or les adolescents sont à l'évidence très douloureusement aux prises avec ces deux thématiques, comme les bébés, puisque dans les deux cas (quoique pour des raisons différentes) on peut observer une grande insécurité narcissique et une angoisse de perte d'objet.

À partir de là, chez les adolescents comme chez les bébés, une dialectique va rapidement s'instaurer puisqu’on peut se sentir coupable d'être honteux et honteux d'être coupable... On pourra objecter que la honte, en tant que telle, n'occupe peut-être pas une place importante dans le vécu des bébés, ce qui est sans doute vrai, mais il importe cependant de remarquer que les vécus d'impuissance ou de vulnérabilité narcissique en fournissent sans conteste une des racines importantes et qu'à ce titre ils peuvent se rencontrer au cœur de la problématique dépressive narcissique des très jeunes enfants.

 

La bisexualité psychique

 La question de la bisexualité psychique se pose également à ces deux âges de la vie puisqu'elle se trouve en cours d'élaboration chez le très jeune enfant et qu'elle se voit remise en question chez l'adolescent dont l'accès à un corps définitivement sexué va parfois se traduire par un véritable " Breakdown ", si bien décrit par des auteurs comme M. et M.E. Laufer (1989, 1993).

 

 

 

La place du corps

 Finalement, c'est le corps qui prend ou reprend chez les bébés et les adolescents une place tout à fait centrale, au cœur même des processus de subjectivation, de symbolisation et de sémiotisation, le corps comme la psyché – en intrication extrêmement étroite – pouvant alors devenir sources d'impuissance ou de honte, objets de haine ou de renoncement.

L'adolescent oscille par ailleurs entre le désir et la peur de contacts corporels avec autrui et l'on sait à quel point il peut encore avoir besoin de tendresse et de câlins qui peuvent parfois surprendre mais dont il faut savoir respecter l'intermittence.

Comme les bébés, les adolescents ont en effet cette particularité de susciter la création de liens autour d'eux mais, dans le même temps, de s'attaquer parfois brutalement à ces mêmes liens.

 

APPORTS DE LA PSYCHIATRIE DU BÉBÉ À LA COMPRÉHENSION DE L'ADOLESCENT

 Les développements récents de la psychiatrie du bébé ont considérablement renouvelé notre vision des processus de la croissance et de la maturation psychiques du très jeune enfant mais nombre des données ainsi recueillies peuvent également enrichir notre compréhension de la dynamique de l'adolescence. Nous ne citerons ici que quelques exemples.

 1/ Les identifications adhésives du bébé peuvent éclairer de manière très fructueuse notre compréhension de certains phénomènes observés chez les adolescents comme celui de l'importance des bandes. Au-delà de tout ce qui a déjà pu être dit à propos de la constitution des groupes et des bandes d'adolescents (idéalisation du chef, identifications au leader, projection des enjeux narcissiques...), les notions d'enveloppe groupale et d'adhésivité (physiologique ou pathologique) s'avèrent également très utiles pour rendre compte du rôle des groupes dans la contribution au sentiment d'exister chez les adolescents.

 

2/ On sait aussi tout ce qui a pu être dit de la stabilité des schémas d'attachement au cours de la vie (E.A. Carlson, 1988 ; E. Waters, 2000 ; M. Ammaniti, 2000 ; K.E. et K. Grossmann, 1998) mais il apparaît aujourd'hui que si le modèle d'attachement sécure reconnaît une certaine stabilité, il n'en va pas forcément de même pour les autres schémas d'attachement (insécure, évitant et désorganisé). L'adolescence pourrait ainsi être un moment privilégié de remise en chantier de ces différents schémas d'attachement et des " modèles internes opérants " qui les sous-tendent (" Working internal models " de I. Bretherton, 1990). Ces remaniements plus ou moins brutaux auraient selon les cas une signification pathologique ou au contraire défensive, voire structurante, et toute attitude prédictive se doit donc d'être fort prudente, mais la prise en compte de la théorie de l'attachement apporte cependant beaucoup à notre approche de la théorie et de la technique des psychothérapies avec les adolescents.

 3/ On observe par ailleurs chez les adolescents une reviviscence de la communication analogique qui redevient ainsi souvent prépondérante comme chez l'infans (l'enfant en deçà de la parole). Ce sont tous les mécanismes de l'accordage affectif (D.N. Stern, 1989) qui se retrouvent à nouveau au premier plan du fonctionnement interrelationnel des adolescents et ceci montre à quel point le style (interactif ?) de nos premières rencontres avec un adolescent s'avère décisif pour la suite du processus thérapeutique.

 4/ Ceux qui s'intéressent à la théorie de la " séduction généralisée ", proposée en France par J. Laplanche (1987), savent bien enfin que le corps de l'adolescent peut revêtir parfois la fonction de " signifiant énigmatique " pour l'adolescent lui-même et ce ne sont plus, alors, les soins maternels, mais ses propres fonctionnements corporels qui viennent réactiver chez lui cette situation de séduction originaire dont on sait la force d'attraction fondée à la fois sur des affects de fascination et d'effroi.

 5/ Mentionnons enfin le concept de " capacité réflexive " développé par P. Fonagy (1997). Précurseur de la théorie de l'esprit (U. Frith, 1992 ; S. Baron-Cohen, 1985), il s'agit au fond de la capacité à se ressentir et à ressentir l'autre comme fonctionnant en termes d'états mentaux. Cette compétence s'acquiert progressivement chez le bébé et elle redevient essentielle chez l'adolescent, certains schémas d'attachement ayant une valeur d'aide ou d'entrave à l'établissement de cette compétence intersubjective.

6/ À ces quelques éléments de réflexion, il faudrait encore ajouter le parallèle qui peut être fait entre la position dépressive du bébé (M. Klein) et la " cassure dépressive " de l'adolescent (M. et M.E. Laufer) avec, dans les deux cas, une grande importance de l'oscillation entre la position dépressive et la position schizo-paranoïde ainsi que du rôle de l'objet et des effets de rencontre. Plus encore qu'à tout autre âge de la vie, chez les bébés et chez les adolescents, il est tout à fait illusoire de vouloir opposer théorie des pulsions et théories de la relation d'objet. La pulsion sans objet est un mythe, l'objet sans investissement pulsionnel est un leurre. Un auteur comme Ch. Bollas (1996) a bien montré que le vrai self, l'idiome de chaque sujet ne peut se constituer et se dévoiler qu'à l'interface des pulsions et de l'objet et, de ce point de vue, la théorie de l'attachement apparaît d'ailleurs comme un pont possible entre les deux modélisations théoriques évoquées ci-dessus (B. Golse, 1999, 2000). Quoi qu'il en soit, l'adolescent comme le bébé sont foncièrement confrontés aux effets de rencontre qui font de leur développement un destin ouvert et non pas une fatalité plus ou moins prévisible. C'est tout un monde de possibles qui s'ouvre devant eux et l'adolescence se révèle ainsi comme une nouvelle chance (une dernière chance ?) de rejouer des phases antérieures du développement précoce qui avaient pu, en leur temps, être marquées par diverses difficultés.

 

QUELQUES CONVERGENCES ENTRE PSYCHOTHÉRAPIES DU BÉBÉ ET PSYCHOTHÉRAPIES DE L'ADOLESCENT

 

Remarques générales

 1/ Les techniques de thérapies conjointes parent(s)/bébé se sont beaucoup développées au cours des dernières années. Différents modèles ont pu en être proposés.

 

– A. Doumic-Girard (1975) insistait sur la régression en présence d'un tiers et sur la réparation des " temps manqués " de la relation primordiale. Le concept de réparation ne se trouve plus tellement, aujourd'hui, dans l'air du temps mais A. Doumic pensait que, pour une mère et son enfant, l'opportunité de pouvoir jouer librement en présence et sous le regard d'un tiers était susceptible de favoriser grandement la régression et, ce faisant, de les aider à repasser en quelque sorte par les différentes étapes qui avaient pu être ratées au sein de leur relation et de leur histoire commune précoces.

   D.W. Winnicott (1971) travaillait principalement sur la mise en relation des différents systèmes préconscients. Le ressort essentiel de sa pratique avec les mères et les bébés passait par le fait de se proposer lui-même comme un " objet transitionnel " pour la dyade mère-enfant en référence à ses positions théoriques bien connues quant à la dynamique des systèmes inconscients et préconscients. C'est donc la perspective d'une différenciation extra-psychique douce et ménagée qui se trouvait, pour lui, essentiellement visée.

   S. Lebovici (1994) tentait de dégager les différents " mandats trans-générationnels inconscients " qui peuvent venir entraver la liberté du déploiement du self de l'enfant. À la fin de sa vie, il recourait avec force aux concepts d'" enaction " ou d'" enactment ", concepts d'une grande richesse et qui n'ont rien à voir avec la question du passage à l'acte mais bien plutôt avec celle de la mise en corps de l'émotion comme préalable à la compréhension empathique et intuitive d'une situation clinique. D'où sa référence fréquente à la notion d'" empathie métaphorisante " qui se trouvait former le vif de sa pratique des thérapies conjointes. S. Lebovici proposait habituellement deux ou trois séances relativement longues avec les parents et l'enfant dans le but de dévoiler et de clarifier les différents mandats trans-générationnels inconscients pesant sur le développement de l'enfant et l'entravant dans son déploiement. Ceci était censé offrir à l'enfant et à ses parents un plus grand degré de liberté par la remise en circulation d'un matériel inconscient jusque-là figé.

   À la Tavistock Clinic de Londres, D. Daws (1999) et toute l'école post-kleinienne utilisent le groupe parent(s)-thérapeute(s)-enfant comme un appareil psychique collectif susceptible de faire fonctionner une certaine " capacité de rêverie " (W.R. Bion, 1970) collective qui représente le mécanisme principal de contenance et de transformation des productions psychiques de l'enfant et notamment de ses éléments " bêta ". L'objet groupal est constitué par le bébé, ses parents et par les co-thérapeutes qui laissent se dérouler une conversation non directive au cours de laquelle émergent progressivement les fantasmes et les reconstructions qui se sont organisés autour des symptômes de l'enfant.

    B. Cramer et F. Palacio-Espasa (1993) ont proposé un modèle détaillé et approfondi des thérapies mère-enfant dans le cadre d'interventions dites brèves. Deux points sont essentiels pour eux : d'une part, la nature des projections parentales sur l'enfant et d'autre part, le concept de " séquences interactives symptomatiques " susceptibles de représenter, de figurer, de " matérialiser " en quelque sorte la conflictualité psychique au niveau du corps ou du comportement de l'enfant.

Certaines des projections parentales sont absolument nécessaires, structurantes et physiologiques (projections annexantes), tandis que d'autres sont trop intenses ou qualitativement anormales, violentes, destructrices et alors capables de venir gauchir, infléchir, entraver ou contraindre le développement de l'enfant (projections aliénantes). La clarification ou l'élucidation de ces projections par le thérapeute permet ici leur ré-appropriation, leur réintégration psychique par la mère, ce qui allège sa relation avec son enfant dont les symptômes perdent alors de leur " utilité " psycho-dynamique. Ce mouvement de ré-appropriation psychique des projections en jeu s'accompagne souvent d'un surgissement dépressif de la mère lié à la prise de conscience de son implication dans le déterminisme des troubles de son bébé.

Une typologie des projections parentales a été proposée par ces auteurs allant des projections les plus névrotiques et les plus idéalisantes aux projections les plus délétères et les plus persécutives, projections qui se trouvent toujours liées, peu ou prou, aux contre identifications de la mère aux images parentales qu'elle a eues, qu'elle croit avoir eues ou qu'elle aurait aimé avoir.

 

– Rosine Debray (1987), enfin, considère que l'idée même de thérapie brève est en partie fallacieuse et, en ce qui la concerne, elle utilise seulement les thérapies conjointes comme une première étape offrant l'opportunité d'inciter la mère à un travail psychanalytique personnel classique et ce, d'autant que la période périnatale s'avère particulièrement plastique et propice à des remaniements plus rapides et plus profonds qu'à d'autres périodes de la vie de la femme.

Il s'agit là d'une position relativement radicale et qui, à l'heure actuelle, ne se trouve pas partagée par la majorité des cliniciens.

 Finalement, quelle que soit la théorie personnelle de chaque auteur, quel que soit son modèle de référence, force est de reconnaître que chacun d'entre eux fait toujours plus qu'il ne dit et peut-être même plus qu'il ne croit. Tout modèle n'est au fond qu'un moyen de décrire, d'expliquer et de comprendre une expérience et une pratique données, mais toute expérience est difficilement réductible à une description singulière dans la mesure où elle engage l'ensemble de la personne du thérapeute et de son fonctionnement en tant que sujet. Les réflexions d'A. Watillon-Naveau (1996) semblent ici très utiles, qui visent à un essai d'élaboration théorique des thérapies conjointes en référence soit au modèle du traumatisme précoce, soit au modèle d'un dysfonctionnement trans-générationnel.

 

 2/ De nombreuses questions ont évidemment surgi au fil de ces différentes pratiques.

    Le bébé est-il capable de transférer et de quel type de transfert s'agit-t-il alors ? Nombre d'auteurs s'interrogent d'ailleurs sur la légitimité même de l'utilisation du terme de transfert chez les bébés qui, certes, induisent chez les adultes qui s'en occupent des modalités interactives en rapport avec leurs toutes premières expériences interrelationnelles, mais ces inductions interactives ne se situent sans doute pas de la même manière que le transfert par rapport à la dynamique de l'après-coup. On sait que cette question, qui représente en quelque sorte la version moderne du célèbre conflit entre Anna Freud et Melanie Klein, a fait l'objet d'une controverse importante entre B. Cramer et S. Lebovici, controverse publiée par La Psychiatrie de l'enfant en 1994.

     Quel est le temps à consacrer directement à l'enfant au cours des séances ?

     Doit-on commencer par renarcissiser les parents (B. White, 1998) ou peut-on directement analyser les " fantômes dans la nursery " (S. Fraiberg, 1975) ?

 

– La présence du bébé n'active-t-elle pas trop intensément la transparence psychique des parents ?

 

3/ On s'aperçoit en fait que nombre de ces questions sont également valables pour les thérapies d'adolescents et que finalement c'est le rôle du thérapeute en tant qu'objet-tiers qui s'avère décisif, objet-tiers dont on sait l'importance pour la construction du self chez le très jeune enfant et pour le remaniement du self chez l'adolescent. Mais l'adolescent a toujours peur de ce précisément dont il a le plus besoin et, de ce fait, l'objet, c'est-à-dire le thérapeute, le cadre et le dispositif thérapeutique dans son ensemble, se doivent d'être suffisamment plastiques, " malléables " (M. Milner, 1976, 1990) et doués de narrativité pour ne pas être menaçants.

Ces remarques sur les psychothérapies d'adolescents concernent au premier chef les psychothérapies individuelles mais elles valent aussi, nous semble-t-il, pour les thérapies familiales qui, mutatis mutandis, donnent lieu à des conditions groupales rappelant peu ou prou celles des thérapies conjointes parents-bébé.

La notion d'" espace psychique élargi " (P. Jeammet, 1980) souvent invoquée pour rendre compte de certains aspects du fonctionnement psychique des adolescents trouve peut-être l'un de ses précurseurs, chez le bébé, dans ce qu'il est convenu désormais d'appeler l'espace dyadique ou triadique, ces différentes notions ayant à être prises en compte au niveau du dispositif thérapeutique et montrant bien, chez les adolescents comme chez les bébés, qu'aucun renoncement ne s'impose quant aux repères psychanalytiques classiques pourvu qu'on se donne les moyens de repenser quelque peu le point de vue topique.

 4/ Quelles sont les qualités requises par les thérapeutes de bébés ou d'adolescents ?

Ce sont évidemment des qualités importantes pour tout thérapeute mais qui semblent particulièrement nécessaires à ces deux âges de la vie.

– Il importe d'abord que le thérapeute ait pu absolument renoncer au classique fantasme de super-parent réparateur car s'occuper d'un bébé ou d'un adolescent en pensant que ses difficultés sont dues à telle ou telle défaillance de ses parents ne peut en fait qu'accentuer la dépression de ces patients dès lors honteux et/ou coupables de n'avoir pas su rendre leurs parents suffisamment bons (H. Searles, 1981).

– Il importe ensuite que le thérapeute soit particulièrement sensible aux projections et à l'empathie, par le biais de son contre-transfert, compte tenu de l'importance de la communication analogique chez les bébés et les adolescents, communication qu'il faut apprendre à savoir décoder.

– Une disposition à l'" enactment " ou à l'" enaction " (S. Lebovici, 1994) apparaît également fort utile dans ces thérapies dont les dynamiques sont parfois très rapides et très intenses.

– La fréquente présence des parents réels suppose aussi la capacité du thérapeute à travailler sur l'hypothèse du " transfert inversé " (S. Tisseron, 1985), c'est-à-dire sur cette forme particulière du transfert au sein de laquelle le patient met le thérapeute en position d'enfant et lui fait éprouver par projection ce qu'il a pu lui-même vivre dans sa relation avec ses imagos parentales. Ces transferts particuliers sont souvent relativement massifs et marqués par un dimension narcissique ou adhésive intense.

Indéniables en certaines occurrences chez les adolescents, on peut évidemment en discuter l'existence chez les bébés. En réalité, le style interactif spécifique qu'un bébé induit avec chacun de ses partenaires relationnels adultes – et notamment avec l'adulte thérapeute – se trouve inscrit à l'exact entrecroisement de la part personnelle du bébé et des particularités du fonctionnement de l'adulte, mais ces deux composantes " racontent ", chacune à leur manière, quelque chose de l'histoire première de chacun des deux protagonistes de la rencontre (l'histoire interactive précoce de l'enfant, le bébé que l'adulte a été).

De ce fait, chacun de ces deux récits, chacune de ces deux narrations ramènent dans l'interaction présente des traces des imagos adultes primordiales du bébé et de l'adulte thérapeute et si ce dernier y est suffisamment attentif, il peut ressentir les inductions interactives du bébé dont il s'occupe comme lui parlant des premières rencontres relationnelles que ce bébé a vécues. De là à parler de transfert inversé, il y a peut-être un pas qu'il serait discutable de vouloir franchir trop vite, ne serait-ce qu'en fonction des réserves émises plus haut à propos de la notion même de transfert chez les bébés, mais on a bien affaire, malgré tout, à une dynamique dont les analogies peuvent s'avérer fécondes à considérer.

– La " malléabilité " du thérapeute (M. Milner, 1990) et sa narrativité enfin sont véritablement cruciales, nous n'y reviendrons pas si ce n'est pour insister sur le rôle de ces qualités particulières dans l'aide aux processus de subjectivation et de différenciation extra-psychique.

 Tout ceci fait qu'une des qualités centrales des thérapeutes de bébés ou d'adolescents est sans aucun doute la capacité de trouver la " juste distance " (M. Bouvet, 1985) avec les patients ce qui, bien entendu, est beaucoup plus facile à dire qu'à faire.

 Quelques notations techniques

 

        Sans classement aucun par ordre d'importance, nous citerons seulement ici :

 

– L'importance du style interactif dès la première rencontre avec les adolescents ou avec les dyades ou les triades parent(s)-bébé. Tout l'avenir de l'alliance et du processus thérapeutiques en dépend en grande partie.

    L'importance d'un cadre relativement souple mais ferme permettant de témoigner d'une bisexualité bien élaborée. Tout cadre s'avère en effet fondamentalement bisexuel (D. Houzel, 1997) puisqu'il comporte toujours une dimension contenante (maternelle ou féminine) et une dimension limitante (paternelle ou masculine) dont la qualité de l'intégration commande en partie l'effet de nos interventions.

 

– L'importance de la verbalisation des affects et des sensations à côté du travail interprétatif proprement dit qui, bien sûr, ne doit pas être négligé.

    L'importance enfin du groupe autour des bébés ou des co-thérapies avec les adolescents dont le maniement attentif permet d'éviter les risques de clivage entre le corps et la psyché, clivage qui représente toujours l'ennemi public numéro un avec les bébés comme avec les adolescents

D'autres aspects techniques pourraient bien sûr être également évoqués, qui apparaissent communs aux thérapies avec les bébés et aux thérapies avec les adolescents. Disons seulement que l'attention du thérapeute, au sens bionien du terme, et l'historicisation du matériel sont probablement les maillons centraux des effets thérapeutiques avec ces patients dont le corps et le comportement apportent, sans conteste, un matériel clinique central et parfois prépondérant.

 

CONCLUSION

 Pour conclure ces quelques pages évidemment assez cursives, nous dirons simplement que les bébés et les adolescents nous réclament tout particulièrement ce triple niveau d'écoute sur lequel insiste tant un auteur comme A. Ferro (1997) : un niveau historique freudien, un niveau fantasmatique kleinien et un niveau bionien enfin, qui se centre sur le hic et nunc de la relation thérapeute patient.

La question, encore une fois, n'est pas de vouloir confondre la problématique des bébés et celle des adolescents, mais seulement de tenter de montrer que chacun de ces deux âges de la vie est peut-être susceptible d'éclairer l'autre dans une dynamique à double sens qui se trouve elle-même au cœur de la théorie freudienne de l'après-coup.

 

  RÉFÉRENCES

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Printemps 2001

Pr Bernard Golse

Service de pédopsychiatrie

Hôpital Necker-Enfants Malades

149, rue de Sèvres

75015 Paris

 

 

[1]. Texte rédigé pour la revue La Psychiatrie de l'enfant à partir d'une conférence prononcée à Porto Alegre (Brésil), le 26 septembre 2000, à la demande du Pr. S. CELIA.

[2]. Pédopsychiatre-psychanalyste. Chef du service de pédopsychiatrie de l'hôpital Necker-Enfants Malades (Paris). Professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'Université René-Descartes (Paris V).

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